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    <title>Adieu Internet</title>
    <link>https://blog.adieuinternet.com/</link>
    <description>Techno-fatalisme enthousiaste</description>
    <pubDate>Mon, 11 May 2026 06:55:31 +0200</pubDate>
    <item>
      <title>Huxe, la radio du futur beaucoup trop enthousiaste </title>
      <link>https://blog.adieuinternet.com/huxe-la-radio-du-futur-beaucoup-trop-enthousiaste</link>
      <description>&lt;![CDATA[XDA-Developers est (entre autres) un site d&#39;actualité tech qui est très fort pour faire des titres très aguicheurs pour un « geek » comme moi. J&#39;ai beau être un peu déçu à chaque lecture, je ne peux pas m&#39;empêcher de cliquer sur le suivant. C&#39;est un stimulateur de FOMO qui parfois, dans l&#39;addition des news, présente un enthousiasme toxique. Ce sont des informations sans contexte politique ou social, une profusion de nouveautés à tester sans freins et sans conscience, une avalanche de technologie remplacée aussitôt par une nouvelle, un rythme effréné d&#39;apps à remplacer, à tester, quitte à tomber dans un burnout tech où l&#39;on perd tout repère et toute rationalité.&#xA;&#xA;Interface de Huxe&#xA;!--more--&#xA;&#xA;L&#39;enthousiasme toxique, c&#39;est un peu le mal de la décennie. Et la semaine dernière (probablement pas la vôtre quand vous lirez cet article), XDA a sorti un article sur Huxe qui est à l&#39;image de cette tendance. Créée par une partie de l&#39;équipe de NotebookLM, le principe est simple : l&#39;application crée des podcasts personnalisés généré par IA (what else ?) en fonction de vos centres d&#39;intérêt, votre localisation, mais aussi votre agenda et vos mails.&#xA;&#xA;Je l&#39;ai testé pour vous (ne me remerciez pas) pendant une bonne grosse semaine. Bien que je sois ce qu&#39;on appelle techniquement dans le milieu un « déglingo », je n&#39;ai pas autorisé l&#39;application à fouiller mes mails et mon agenda parce que... mais est-ce que j&#39;ai vraiment besoin de l&#39;expliquer ?&#xA;&#xA;Une fois configurée, l&#39;application devient votre meilleur copain. Elle vous prépare des « rapports journaliers » (daily briefs) qui sont personnalisés en fonction du moment de la journée où vous l&#39;écoutez. &#xA;&#xA;L&#39;hallucination commence. &#xA;&#xA;Plusieurs interlocuteurs vous parlent directement, avec un tutoiement légèrement troublant ; ils échangent entre eux comme deux animateurs de podcast pour vous faire un point sur les actualités, des analyses de ces dernières, dans une simulation un peu hasardeuse de convivialité. Ponctués de musiques d&#39;ascenseur pour faire patienter l&#39;auditeur pendant la génération audio (musiques probablement générées également), les deux lurons (que j&#39;appellerais Jeanne et Serge, TMTC) vous racontent sans discontinuer tout ce qui devrait vous intéresser. Un intérêt sans cesse justifié par des petites remarques (un brin présomptueuses) telles que « Cela devrait vous intéresser puisque vous faites... », « Une news importante pour quelqu&#39;un comme vous qui... ».&#xA;&#xA;Voici un exemple de brief : &#xA;Exemple de huxe&#xA;&#xA;Jeanne et Serge vous aiment beaucoup. Ils sont aux petits soins, passent d&#39;un sujet à l&#39;autre (parfois même en indiquant le grand écart que la variation de sujet pourrait impliquer), en commençant par la météo, les actualités locales puis vos centres d&#39;intérêt. Le dialogue est très fluide. C&#39;est exactement le même que sur NotebookLM : on y trouve des hésitations, des petites remarques sur la forme, des soupirs, des simulacres d&#39;émotions. Ils vous rappellent même ce que vous avez écouté précédemment et se demandent si l&#39;actualité ne vous a pas trop impacté la veille. Et même si l&#39;articulation de l&#39;ensemble laisse le goût étrange des simulateurs, on sait avec l&#39;expérience que ce n&#39;est qu&#39;une question de temps avant que la fluidité ne s&#39;affine.&#xA;&#xA;Harder, stronger, weirder&#xA;&#xA;Alors je sais ce que vous vous dites : « Mais c&#39;est horrible des podcasts de robots ? », « Ça n&#39;a plus de sens d&#39;écouter ça » ou encore « Mais il fait quoi ce type dans la vie pour tester des apps ? »_ . Alors, déjà je ne vous permet pas. Mais avant de faire le point sur les évidents points très problématiques, voyons les points positifs.&#xA;&#xA;C&#39;est malin de proposer une radio podcast à la carte, ça offre une expérience un peu différente, même si pas révolutionnaire. Quelque part, si Radio France proposait de choisir plusieurs segments de matinales de leurs différentes stations pour en faire une seule matinale a la demande, ça pourrait donner quelque chose de plutôt inédit.&#xA;    &#xA;Comme c&#39;est de l&#39;IA, le podcast se fiche de savoir si vous avez sélectionné des contenus en anglais, allemand, sanskrit, peu importe. Tout est retranscrit dans votre langue et de manière fluide. Si bien que la sélection des articles est internationale et se fait sans frictions.&#xA;    &#xA;Sans l&#39;avoir testé, j&#39;imagine que si l&#39;on connecte ses mails et son agenda, le brief du matin doit être un « vrai » moment de démarrage de journée de jeune entrepreneur.&#xA;    &#xA;&#xA;Maintenant, les points vraiment très problématiques dans le désordre (j&#39;ai volontairement écarté les arguments d&#39;écologie, sécurité et confidentialité pour me concentrer sur ceux qui sont propres à l&#39;application) :&#xA;&#xA;L&#39;app vole sans aucun scrupule le travail des journalistes du monde entier. Aucune source n&#39;est citée, aucun média, aucun journaliste. L&#39;application se sert allègrement de tous les flux qu&#39;elle peut trouver et ne renvoie vers rien. Il n&#39;y a, à ma connaissance, aucune bibliographie disponible sur les « briefs ».&#xA;    &#xA;Jeanne et Serge sont des robots. Ce ne sont ni des animateurs pros, ni des amis, mais des inconnus qui résument des dépêches AFP et des datas en vous parlant comme s&#39;ils étaient des majordomes. Vos actualités sonnent creuses, superficiellement exhaustives, et le ton qui s&#39;efforce d&#39;humaniser le tout renforce l&#39;idée du simulacre au lieu de le gommer.&#xA;    &#xA;L&#39;application est opaque. Alors je sais que c&#39;est un style de proposer une interface simple pour supprimer toute allusion à l&#39;IA ou à l&#39;informatique globalement, mais se connecter à Google sans donner aucune source ni aucune information ne sent jamais vraiment très bon. On ne sait pas quoi, ni comment, ni pourquoi. Je préfère avoir un présentateur radio dont je connais les biais qu&#39;une IA qui avance masquée.&#xA;    &#xA;&#xA;L’angoisse des robots enthousiastes&#xA;&#xA;Les nouvelles dédiées aux apps dites de « productivité », c’est la crème de l’enthousiasme toxique. De Notion à Obsidian, de Readwise à Todoist. Des extensions, des liens, des connexions entre elles, des ponts à faire sans fin. Huxe se place bien dans cette catégorie.&#xA;&#xA;En soit c’est une proposition intéressante mais qui perd tout son intérêt dans sa déshumanisation. Un monde d’IA qui se regarde le nombril dans une spirale consanguine et mortifère. Quel est le sens d’écouter ça ? Les sites qui proposent la lecture audio (même synthétique) des articles écrit par des humains apportent beaucoup plus en terme de sens, d’emphase et d’humanité.&#xA;&#xA;Il y a une forme de fatigue morale qui se créée au fur et a mesure des écoutes sur Huxe. Tout sonne creux. Pourtant, on reste auditeur, un peu absorbé, à l’affut d’une nouvelle dose d’information qui ne semble jamais vraiment arriver. Tout semble a peu près vrai, la simulation se déploie sous nos oreilles, elle a appris des meilleurs. &#xA;&#xA;C’est le monde des robots qui parlent à des robots et qui refusent de rendre compte au web organique. Celui constitué d’humains, qui remplissent le web de contenus de moins en moins visible, continuellement volés et violés par les bots.&#xA;]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://www.xda-developers.com/">XDA-Developers</a> est (entre autres) un site d&#39;actualité tech qui est très fort pour faire des titres très aguicheurs pour un « geek » comme moi. J&#39;ai beau être un peu déçu à chaque lecture, je ne peux pas m&#39;empêcher de cliquer sur le suivant. C&#39;est un stimulateur de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Syndrome_FOMO">FOMO</a> qui parfois, dans l&#39;addition des news, présente un enthousiasme toxique. Ce sont des informations sans contexte politique ou social, une profusion de nouveautés à tester sans freins et sans conscience, une avalanche de technologie remplacée aussitôt par une nouvelle, un rythme effréné d&#39;apps à remplacer, à tester, quitte à tomber dans un burnout tech où l&#39;on perd tout repère et toute rationalité.</p>

<p><img src="https://adieuinternet.com/medias/huxe/huxe.jpg" alt="Interface de Huxe">
</p>

<p>L&#39;enthousiasme toxique, c&#39;est un peu le mal de la décennie. Et la semaine dernière (probablement pas la vôtre quand vous lirez cet article), XDA a sorti <a href="https://www.xda-developers.com/reasons-why-you-need-to-try-huxe/">un article sur Huxe</a> qui est à l&#39;image de cette tendance. Créée par une partie de l&#39;équipe de <a href="https://notebooklm.google.com/">NotebookLM</a>, le principe est simple : l&#39;application crée des podcasts personnalisés généré par IA (what else ?) en fonction de vos centres d&#39;intérêt, votre localisation, mais aussi votre agenda et vos mails.</p>

<p>Je l&#39;ai testé pour vous (<em>ne me remerciez pas</em>) pendant une bonne grosse semaine. Bien que je sois ce qu&#39;on appelle techniquement dans le milieu un « déglingo », je n&#39;ai pas autorisé l&#39;application à fouiller mes mails et mon agenda parce que... mais est-ce que j&#39;ai vraiment besoin de l&#39;expliquer ?</p>

<p>Une fois configurée, l&#39;application devient votre meilleur copain. Elle vous prépare des « rapports journaliers » (<em>daily briefs</em>) qui sont personnalisés en fonction du moment de la journée où vous l&#39;écoutez.</p>

<h3 id="l-hallucination-commence">L&#39;hallucination commence.</h3>

<p>Plusieurs interlocuteurs vous parlent directement, avec un tutoiement légèrement troublant ; ils échangent entre eux comme deux animateurs de podcast pour vous faire un point sur les actualités, des analyses de ces dernières, dans une simulation un peu hasardeuse de convivialité. Ponctués de musiques d&#39;ascenseur pour faire patienter l&#39;auditeur pendant la génération audio (musiques probablement générées également), les deux lurons (que j&#39;appellerais Jeanne et Serge, TMTC) vous racontent sans discontinuer tout ce qui devrait vous intéresser. Un intérêt sans cesse justifié par des petites remarques (un brin présomptueuses) telles que « Cela devrait vous intéresser puisque vous faites... », « Une news importante pour quelqu&#39;un comme vous qui... ».</p>

<p>Voici un exemple de brief :
<a href="https://adieuinternet.com/medias/huxe/Huxe.mp3">Exemple de huxe</a></p>

<p><strong>Jeanne et Serge</strong> vous aiment beaucoup. Ils sont aux petits soins, passent d&#39;un sujet à l&#39;autre (parfois même en indiquant le grand écart que la variation de sujet pourrait impliquer), en commençant par la météo, les actualités locales puis vos centres d&#39;intérêt. Le dialogue est très fluide. C&#39;est exactement le même que sur NotebookLM : on y trouve des hésitations, des petites remarques sur la forme, des soupirs, des simulacres d&#39;émotions. Ils vous rappellent même ce que vous avez écouté précédemment et se demandent si l&#39;actualité ne vous a pas trop impacté la veille. Et même si l&#39;articulation de l&#39;ensemble laisse le goût étrange des simulateurs, on sait avec l&#39;expérience que ce n&#39;est qu&#39;une question de temps avant que la fluidité ne s&#39;affine.</p>

<h3 id="harder-stronger-weirder">Harder, stronger, weirder</h3>

<p>Alors je sais ce que vous vous dites : <em>« Mais c&#39;est horrible des podcasts de robots ? », « Ça n&#39;a plus de sens d&#39;écouter ça »</em> ou encore <em>« Mais il fait quoi ce type dans la vie pour tester des apps ? »</em> . Alors, déjà je ne vous permet pas. Mais avant de faire le point sur les évidents points très problématiques, voyons les points positifs.</p>
<ul><li><p><strong>C&#39;est malin de proposer une radio podcast à la carte</strong>, ça offre une expérience un peu différente, même si pas révolutionnaire. Quelque part, si Radio France proposait de choisir plusieurs segments de matinales de leurs différentes stations pour en faire une seule matinale a la demande, ça pourrait donner quelque chose de plutôt inédit.</p></li>

<li><p>Comme c&#39;est de l&#39;IA, <strong>le podcast se fiche de savoir si vous avez sélectionné des contenus en anglais, allemand, sanskrit, peu importe</strong>. Tout est retranscrit dans votre langue et de manière fluide. Si bien que la sélection des articles est internationale et se fait sans frictions.</p></li>

<li><p>Sans l&#39;avoir testé, j&#39;imagine que si l&#39;on connecte ses mails et son agenda, le brief du matin doit être un « vrai » moment de démarrage de journée de jeune entrepreneur.</p></li></ul>

<p>Maintenant, les points vraiment très problématiques dans le désordre (j&#39;ai volontairement écarté les arguments d&#39;écologie, sécurité et confidentialité pour me concentrer sur ceux qui sont propres à l&#39;application) :</p>
<ul><li><p><strong>L&#39;app vole sans aucun scrupule le travail des journalistes du monde entier</strong>. Aucune source n&#39;est citée, aucun média, aucun journaliste. L&#39;application se sert allègrement de tous les flux qu&#39;elle peut trouver et ne renvoie vers rien. Il n&#39;y a, à ma connaissance, aucune bibliographie disponible sur les « briefs ».</p></li>

<li><p><strong>Jeanne et Serge sont des robots</strong>. Ce ne sont ni des animateurs pros, ni des amis, mais des inconnus qui résument des dépêches AFP et des datas en vous parlant comme s&#39;ils étaient des majordomes. Vos actualités sonnent creuses, superficiellement exhaustives, et le ton qui s&#39;efforce d&#39;humaniser le tout renforce l&#39;idée du simulacre au lieu de le gommer.</p></li>

<li><p><strong>L&#39;application est opaque</strong>. Alors je sais que c&#39;est un style de proposer une interface simple pour supprimer toute allusion à l&#39;IA ou à l&#39;informatique globalement, mais se connecter à Google sans donner aucune source ni aucune information ne sent jamais vraiment très bon. On ne sait pas quoi, ni comment, ni pourquoi. Je préfère avoir un présentateur radio dont je connais les biais qu&#39;une IA qui avance masquée.</p></li></ul>

<h3 id="l-angoisse-des-robots-enthousiastes">L’angoisse des robots enthousiastes</h3>

<p>Les nouvelles dédiées aux apps dites de « productivité », c’est la crème de l’enthousiasme toxique. De Notion à Obsidian, de Readwise à Todoist. Des extensions, des liens, des connexions entre elles, des ponts à faire sans fin. Huxe se place bien dans cette catégorie.</p>

<p>En soit c’est une proposition intéressante mais qui perd tout son intérêt dans sa déshumanisation. Un monde d’IA qui se regarde le nombril dans une spirale consanguine et mortifère. Quel est le sens d’écouter ça ? Les sites qui proposent la lecture audio (même synthétique) des articles écrit par des humains apportent beaucoup plus en terme de sens, d’emphase et d’humanité.</p>

<p>Il y a une forme de fatigue morale qui se créée au fur et a mesure des écoutes sur Huxe. Tout sonne creux. Pourtant, on reste auditeur, un peu absorbé, à l’affut d’une nouvelle dose d’information qui ne semble jamais vraiment arriver. Tout semble a peu près vrai, la simulation se déploie sous nos oreilles, elle a appris des meilleurs.</p>

<p>C’est le monde des robots qui parlent à des robots et qui refusent de rendre compte au web organique. Celui constitué d’humains, qui remplissent le web de contenus de moins en moins visible, continuellement volés et violés par les bots.</p>
]]></content:encoded>
      <guid>https://blog.adieuinternet.com/huxe-la-radio-du-futur-beaucoup-trop-enthousiaste</guid>
      <pubDate>Sat, 31 Jan 2026 15:38:26 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>Le cauchemar de la guerre des navigateurs : Dia &amp; Arc</title>
      <link>https://blog.adieuinternet.com/le-cauchemar-de-la-guerre-des-navigateurs-dia-et-arc</link>
      <description>&lt;![CDATA[Arc est un navigateur de The Browser Company sorti en 2022. Il voulait &#34;révolutionner la navigation Internet&#34; (comme tout le monde, en fait), sur une base Chromium (comme tout le monde, en fait). Il introduisait très discrètement des propositions d&#39;utilisation d&#39;IA : résumé de page avant de cliquer dessus, recherche dans une page assistée par un chatbot et accès direct à ChatGPT.&#xA;&#xA;arc&#xA;!--more--&#xA;&#xA;J&#39;ai personnellement adopté ce navigateur pour plein de très bonnes fonctionnalités proposées qu&#39;il serait peu intéressant de développer ici. Mais aucune de ces raisons n&#39;était liée à l&#39;IA. Deux ans plus tard, Arc est abandonné. Oui, deux ans ; il laisse les utilisateurs avec d&#39;incertaines mises à jour de sécurité malgré le rachat par Atlassian. J&#39;étais chiffon, hein. Il est impossible de continuer à utiliser un logiciel aussi central qu&#39;un navigateur qui ne soit plus maintenu.&#xA;&#xA;Josh Miller, le CEO derrière Arc, raconte que : &#34;Pour la plupart des gens, Arc était simplement trop différent, avec trop de nouvelles choses à apprendre, pour trop peu de récompense&#34;. Bon, on se calme. Arc était quand même très similaire à Chrome, mise à part sa barre latérale. Josh, pourquoi tu tentes de nous faire culpabiliser ? Ça marche ? (Non).&#xA;&#xA;Et magie ! Le jour suivant, la même compagnie se lance dans un nouveau navigateur, appelé Dia. En termes de changement d&#39;interface et d&#39;habitudes de navigation, ce nouveau logiciel vous roule dessus, puis fait demi-tour pour vous re-rouler dessus. Il propose de naviguer constamment avec un chatbot IA. Tout est fait pour que la navigation passe le plus possible par le chat.&#xA;&#xA;image de dia&#xA;&#xA;Naviguer sans capitaine&#xA;&#xA;  &#34;Les navigateurs traditionnels, tels que nous les connaissons, vont mourir. [...] Nous quittons le business des bougies. Vous devriez faire de même.&#34; — Josh Miller&#xA;&#xA;Josh Miller&#xA;&#xA;Okay Josh, tu nous racontes que la leçon de l&#39;échec d&#39;Arc était d&#39;être &#34;trop disruptif&#34;, mais la fois d&#39;après, c&#39;est parce que les utilisateurs sont des boomers ? Il suffit d&#39;utiliser Dia quelques secondes pour comprendre que TBC (The Browser Company, pardonnez-moi) n&#39;a jamais considéré Arc comme étant trop en rupture, mais pas assez. Dia va dix fois plus loin et ne montre aucune &#34;leçon&#34; tirée de l’expérience infructueuse d&#39;Arc. J&#39;imagine l&#39;équipe de direction avoir une prise de conscience soudaine d&#39;avoir été trop timorée, pas assez &#34;Silicon Valley&#34;, et de devoir revoir sa copie from scratch.&#xA;&#xA;Mais que veulent les utilisateurs ? Toujours sur l&#39;échec d&#39;Arc, le camarade Josh s&#39;émeut à propos de feu les fonctionnalités innovantes du logiciel :&#xA;&#xA;  &#34;Seulement 5,52 % des utilisateurs quotidiens utilisent plus d&#39;un &#39;Space&#39; régulièrement. Seulement 4,17 % utilisent les &#39;Live Folders&#39;. C&#39;est 0,4 % pour l&#39;une de nos fonctionnalités préférées, le &#39;Calendar Preview on Hover&#39;.&#34;&#xA;&#xA;Cette sortie est symptomatique. L&#39;innovation semble toujours plus être faite par des geeks pour des geeks. Cet enthousiasme maniaque pour l&#39;IA se construit toujours sans l&#39;utilisateur, sans savoir si lui désire ces aspects. Le navigateur est le logiciel le plus utilisé au quotidien : on a besoin qu&#39;il soit rapide, simple et efficace. Les fonctionnalités avancées ne doivent pas s&#39;imposer ; elles doivent être convoquées.&#xA;&#xA;Le plus intéressant, en vérité, ce sont les fonctionnalités volontairement mise de coté. Les anciens utilisateurs d&#39;Arc ne sont pas hostiles à Dia, mais il y a une fonction qu&#39;ils réclament en vain : la barre latérale de favoris. Cette barre symbolise littéralement (et graphiquement) le navigateur Arc. Elle était bien pensée, élégante et efficace. Alors pourquoi n&#39;est-elle pas d&#39;office dans Dia ? TBC temporise et assure que c&#39;est prévu. Je ne suis pas développeur, mais ça n&#39;a pas l&#39;air d&#39;être une fonctionnalité compliquée à mettre en place.&#xA;&#xA;la side-bar&#xA;&#xA;Soigner ses favoris&#xA;&#xA;Ma théorie, c&#39;est que TBC ne souhaite pas remettre cette fameuse barre parce qu&#39;il espère limiter l&#39;usage des favoris pour rendre leur utilisation marginale. La barre existe bien, mais elle est très trop discrète, limite invisible. Au centre de Dia, il y a le chatbot. Il se lance à chaque ouverture d&#39;un onglet et permet de faire une recherche. En fonction de ce que vous tapez, il lance une requête sur votre moteur de recherche, invoque le chatbot IA, mais trouve aussi vos favoris.&#xA;&#xA;Le modèle économique de Dia tourne autour de l&#39;utilisation de chatbots : son abonnement offre un modèle LLM plus avancé, et rien n&#39;empêche de penser qu&#39;il existe un partenariat commercial pour imposer un service par défaut dans sa version gratuite.&#xA;&#xA;Dans cette théorie, par l&#39;absence d&#39;une vraie barre de favoris, l&#39;idée est de vous pousser vers l&#39;invite de recherche, ne serait-ce que pour chercher vos favori, afin de doucement vous pousser vers l&#39;utilisation de l&#39;ia.&#xA;&#xA;Instant Madame Irma&#xA;&#xA;S&#39;attaquer aux favoris n&#39;est pas anodin. C&#39;est l&#39;une des rares données interopérables entre les navigateurs (mot savant pour dire qu&#39;on peut les transmettre d&#39;un logiciel à l&#39;autre quand on souhaite en changer). Tenter de modifier leur utilisation, les privatiser, c&#39;est aussi une manière de rendre l&#39;utilisateur un peu plus captif de son choix logiciel.&#xA;&#xA;Le Web organique, celui qu&#39;on visite et que l&#39;on découvre au gré des moteurs de recherche, est en voie d&#39;extinction. Les chatbots (chatgpt, claude, gemini) n&#39;encouragent plus à visiter les sites qu&#39;ils &#34;recrachent&#34; ; l&#39;indexation des informations est de moins en moins pertinente ; la publicité et le SEO agressif rendent l&#39;ensemble peu attractif. En conséquence (ou en cause, selon la lecture), les nouveaux navigateurs ne se positionnent plus comme fenêtres sur le Web, mais comme interfaces unifiées sur le contenu du web. Vous ne naviguerez plus sur Internet : vous allez échanger avec une interface de chatbot qui vous donnera vos réponses. Le but est de vous &#34;éviter une navigation fastidieuse&#34; par une réponse textuelle plus ou moins longue (belle ironie que de revenir au texte après des années de Web densément &#34;multimédia&#34;).&#xA;&#xA;Donc on transforme ces favoris en simples marque-pages non organisés que le navigateur va inclure dans l&#39;expérience de réponse de son LLM. L&#39;utilisateur ne s&#39;éloigne plus de la barre de recherche quand il a besoin de quelque chose. Conséquence plus ou moins direct de la mutation des navigateurs en chatbot unifié ? Chaque navigateur va vendre &#34;sa version du Web&#34; par l&#39;interprétation qu&#39;il en fera. Chacun aura ses spécificités : chaleureux, sophistiqué, précis ou pédagogique. A force de ne plus visiter les sites, vous ne naviguerez plus qu&#39;à travers l&#39;interprétation du navigateur, à travers les biais de son modèle de chatbot et des données qu&#39;il aura choisi de valoriser.&#xA;&#xA;&#34;À travers&#34; se dit &#34;Dia&#34; en grec.&#xA;(Joli, non ? Jingle révélation).&#xA;]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p>Arc est un navigateur de <strong>The Browser Company</strong> sorti en 2022. Il voulait “révolutionner la navigation Internet” (<em>comme tout le monde, en fait</em>), sur une base Chromium (<em>comme tout le monde, en fait</em>). Il introduisait très discrètement des propositions d&#39;utilisation d&#39;IA : résumé de page avant de cliquer dessus, recherche dans une page assistée par un chatbot et accès direct à ChatGPT.</p>

<p><img src="https://eshop.macsales.com/blog/wp-content/uploads/2023/08/arc-broswer-mac-os-hero.png" alt="arc">
</p>

<p>J&#39;ai personnellement adopté ce navigateur pour plein de très bonnes fonctionnalités proposées qu&#39;il serait peu intéressant de développer ici. Mais aucune de ces raisons n&#39;était liée à l&#39;IA. <a href="https://www.programmez.com/actualites/arc-le-navigateur-qui-revait-de-tout-reinventer-est-abandonne-bonjour-dia-37748">Deux ans plus tard, Arc est abandonné</a>. Oui, deux ans ; il laisse les utilisateurs avec d&#39;incertaines mises à jour de sécurité malgré <a href="https://www.macg.co/logiciels/2025/09/atlassian-achete-les-navigateurs-arc-et-dia-pour-le-marche-de-lentreprise-303585">le rachat par Atlassian</a>. J&#39;étais chiffon, hein. Il est impossible de continuer à utiliser un logiciel aussi central qu&#39;un navigateur qui ne soit plus maintenu.</p>

<p>Josh Miller, le CEO derrière Arc, raconte que : “<a href="https://browsercompany.substack.com/p/letter-to-arc-members-2025">Pour la plupart des gens, Arc était simplement trop différent, avec trop de nouvelles choses à apprendre, pour trop peu de récompense</a>”. Bon, on se calme. Arc était quand même très similaire à Chrome, mise à part sa barre latérale. Josh, pourquoi tu tentes de nous faire culpabiliser ? Ça marche ? (Non).</p>

<p>Et magie ! Le jour suivant, la même compagnie se lance dans un nouveau navigateur, <a href="https://www.diabrowser.com/">appelé Dia</a>. En termes de changement d&#39;interface et d&#39;habitudes de navigation, ce nouveau logiciel vous roule dessus, puis fait demi-tour pour vous re-rouler dessus. Il propose de naviguer constamment avec un chatbot IA. Tout est fait pour que la navigation passe le plus possible par le chat.</p>

<p><img src="https://cdn.mgig.fr/2025/06/mga-e0ce5353-w375-w1500-w750_accroche.jpg" alt="image de dia"></p>

<h3 id="naviguer-sans-capitaine">Naviguer sans capitaine</h3>

<blockquote><p>“Les navigateurs traditionnels, tels que nous les connaissons, vont mourir. [...] Nous quittons le business des bougies. Vous devriez faire de même.” — <strong>Josh Miller</strong></p></blockquote>

<p><img src="https://i0.wp.com/www.frenchweb.fr/wp-content/uploads/2025/09/josh-miller-the-browser-company.jpg" alt="Josh Miller"></p>

<p>Okay Josh, tu nous racontes que la leçon de l&#39;échec d&#39;Arc était d&#39;être “trop disruptif”, mais la fois d&#39;après, c&#39;est parce que les utilisateurs sont des boomers ? Il suffit d&#39;utiliser Dia quelques secondes pour comprendre que TBC (<em>The Browser Company</em>, pardonnez-moi) n&#39;a jamais considéré Arc comme étant trop en rupture, mais pas assez. Dia va dix fois plus loin et ne montre aucune “leçon” tirée de l’expérience infructueuse d&#39;Arc. J&#39;imagine l&#39;équipe de direction avoir une prise de conscience soudaine d&#39;avoir été trop timorée, pas assez “Silicon Valley”, et de devoir revoir sa copie <em>from scratch</em>.</p>

<p>Mais que veulent les utilisateurs ? Toujours sur l&#39;échec d&#39;Arc, le camarade Josh s&#39;émeut à propos de feu les fonctionnalités innovantes du logiciel :</p>

<blockquote><p>“Seulement 5,52 % des utilisateurs quotidiens utilisent plus d&#39;un &#39;Space&#39; régulièrement. Seulement 4,17 % utilisent les &#39;Live Folders&#39;. C&#39;est 0,4 % pour l&#39;une de nos fonctionnalités préférées, le &#39;Calendar Preview on Hover&#39;.”</p></blockquote>

<p>Cette sortie est symptomatique. L&#39;innovation semble toujours plus être faite par des geeks pour des geeks. Cet enthousiasme maniaque pour l&#39;IA se construit toujours sans l&#39;utilisateur, sans savoir si lui désire ces aspects. Le navigateur est le logiciel le plus utilisé au quotidien : on a besoin qu&#39;il soit rapide, simple et efficace. Les fonctionnalités avancées ne doivent pas s&#39;imposer ; elles doivent être convoquées.</p>

<p>Le plus intéressant, en vérité, ce sont les fonctionnalités volontairement mise de coté. Les anciens utilisateurs d&#39;Arc ne sont pas hostiles à Dia, mais il y a une fonction qu&#39;ils réclament en vain : <strong>la barre latérale de favoris</strong>. Cette barre symbolise littéralement (et graphiquement) le navigateur Arc. Elle était bien pensée, élégante et efficace. Alors pourquoi n&#39;est-elle pas d&#39;office dans Dia ? TBC temporise et assure que c&#39;est prévu. Je ne suis pas développeur, mais ça n&#39;a pas l&#39;air d&#39;être une fonctionnalité compliquée à mettre en place.</p>

<p><img src="https://platform.theverge.com/wp-content/uploads/sites/2/chorus/uploads/chorus_asset/file/24202093/CleanShot_2022_11_16_at_09.39.08.png?quality=90&amp;strip=all&amp;crop=0%2C0%2C100%2C100&amp;w=2400" alt="la side-bar"></p>

<h3 id="soigner-ses-favoris">Soigner ses favoris</h3>

<p>Ma théorie, c&#39;est que TBC ne souhaite pas remettre cette fameuse barre parce qu&#39;il espère limiter l&#39;usage des favoris pour rendre leur utilisation marginale. La barre existe bien, mais elle est <del>très</del> trop discrète, limite invisible. Au centre de Dia, il y a le chatbot. Il se lance à chaque ouverture d&#39;un onglet et permet de faire une recherche. En fonction de ce que vous tapez, il lance une requête sur votre moteur de recherche, invoque le chatbot IA, mais trouve aussi vos favoris.</p>

<p>Le modèle économique de Dia tourne autour de l&#39;utilisation de chatbots : son abonnement offre un modèle LLM plus avancé, et rien n&#39;empêche de penser qu&#39;il existe un partenariat commercial pour imposer un service par défaut dans sa version gratuite.</p>

<p>Dans cette théorie, par l&#39;absence d&#39;une vraie barre de favoris, l&#39;idée est de vous pousser vers l&#39;invite de recherche, ne serait-ce que pour chercher vos favori, afin de doucement vous pousser vers l&#39;utilisation de l&#39;ia.</p>

<h3 id="instant-madame-irma">Instant Madame Irma</h3>

<p>S&#39;attaquer aux favoris n&#39;est pas anodin. C&#39;est l&#39;une des rares données interopérables entre les navigateurs (mot savant pour dire qu&#39;on peut les transmettre d&#39;un logiciel à l&#39;autre quand on souhaite en changer). Tenter de modifier leur utilisation, les privatiser, c&#39;est aussi une manière de rendre l&#39;utilisateur un peu plus captif de son choix logiciel.</p>

<p>Le Web organique, celui qu&#39;on visite et que l&#39;on découvre au gré des moteurs de recherche, est en voie d&#39;extinction. Les chatbots (chatgpt, claude, gemini) n&#39;encouragent plus à visiter les sites qu&#39;ils “recrachent” ; l&#39;indexation des informations est de moins en moins pertinente ; la publicité et le SEO agressif rendent l&#39;ensemble peu attractif. En conséquence (ou en cause, selon la lecture), les nouveaux navigateurs ne se positionnent plus comme fenêtres sur le Web, mais comme interfaces unifiées sur le contenu du web. Vous ne naviguerez plus sur Internet : vous allez échanger avec une interface de chatbot qui vous donnera vos réponses. Le but est de vous “éviter une navigation fastidieuse” par une réponse textuelle plus ou moins longue (belle ironie que de revenir au texte après des années de Web densément “multimédia”).</p>

<p>Donc on transforme ces favoris en simples marque-pages non organisés que le navigateur va inclure dans l&#39;expérience de réponse de son LLM. L&#39;utilisateur ne s&#39;éloigne plus de la barre de recherche quand il a besoin de quelque chose. Conséquence plus ou moins direct de la mutation des navigateurs en chatbot unifié ? Chaque navigateur va vendre “sa version du Web” par l&#39;interprétation qu&#39;il en fera. Chacun aura ses spécificités : chaleureux, sophistiqué, précis ou pédagogique. A force de ne plus visiter les sites, vous ne naviguerez plus qu&#39;à travers l&#39;interprétation du navigateur, à travers les biais de son modèle de chatbot et des données qu&#39;il aura choisi de valoriser.</p>

<p>“À travers” se dit “Dia” en grec.
(Joli, non ? Jingle révélation).</p>
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      <guid>https://blog.adieuinternet.com/le-cauchemar-de-la-guerre-des-navigateurs-dia-et-arc</guid>
      <pubDate>Wed, 24 Dec 2025 17:48:26 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>Apple ML Sharp, le GSPlat au calme.</title>
      <link>https://blog.adieuinternet.com/apple-ml-sharp-le-gsplat-au-calme</link>
      <description>&lt;![CDATA[Vous êtes familier avec le Gaussian Splatting (ou GSPlat) ? C&#39;est un modèle IA qui génère des &#34;éclats gaussiens&#34; – des jets de peinture numérique distribués sur un nuage de point. C&#39;est bon, je vous ai perdu ?&#xA;Texte alternatif&#xA;Issu du travail de l’INRIA Rhône-Alpes (cocorico), ce procédé permet de recréer un espace 3D à partir d’une ou plusieurs images d’une même scène. Vous avez pris des photos de votre salle de bain ? Même si le hobby est douteux, vous pourriez transformer cette suite de photos en simulation 3D de la pièce. Cette simulation est constituée de points et de &#34;jets&#34; gaussien qui ont leur esthétique particulière.&#xA;!--more--&#xA;Pour faire cela, il y a deux étapes. D’abord, analyser l’ensemble des photos via un script d’alignement (COLMAP). Chaque photo est alignée par rapport aux autres dans un espace 3D comme si elles retrouvaient leurs points de vue les unes par rapport aux autres. Une fois terminé, pour faire simple, on &#34;entraîne&#34; le modèle pour créer les espaces entre chaque photo afin de créer un espace cohérent où l’on peut se déplacer de manière fluide.&#xA;&#xA;div style=&#34;text-align: center;&#34;&#xA;  &lt;iframe width=&#34;560&#34; height=&#34;315&#34;&#xA;          src=&#34;https://www.youtube.com/embed/5MRyewpzTU&#34;&#xA;          title=&#34;Brush gaussian splats batch&#34;&#xA;          frameborder=&#34;0&#34;&#xA;          style=&#34;display: block; margin: 0 auto;&#34;&#xA;          allow=&#34;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&#34;&#xA;          allowfullscreen  /iframe&#xA;/div&#xA;&#xA;Ce procédé peut prendre pas mal de temps en fonction du matériel dont vous disposez. Sur un Mac M2 Max ou une RTX A4000, on est autour de 10 à 30 minutes pour créer une scène. Il faut que l’alignement (étape 1) ait bien fonctionné, puis que l’entraînement fonctionne également. Cela peut donner des résultats parfois… aléatoires, même si globalement cela fonctionne plutôt bien.&#xA;&#xA;Personnellement, ça fait des mois que je teste plusieurs workflows pour apprivoiser la bête. Quand j’ai vu sur Reddit qu’Apple avait sorti son propre script de génération de GSPlat, évidemment j’ai couru ventre à terre. &#xA;&#xA;Et là, c’est le drame. À partir d’une seule image, il est possible de créer un espace 3D GSPlat en quelques secondes… oui, quelques secondes. Très probablement destiné pour les Apple Vision Pro, les résultats sont terriblement bons. On peut regretter le fait qu’il ne soit pas encore possible d’utiliser plusieurs photos, mais peut-être que cela sera à venir. &#xA;&#xA;Le script se paye le luxe de ne laisser aucun glitch de GSPlat, éléments &#34;parasites&#34; entourant les scènes (qui ont une esthétique plutôt agréable). Cela rend la génération très propre, très prête à l&#39;usage. Voila un exemple :&#xA;&#xA;div style=&#34;text-align: center;&#34;&#xA;iframe width=&#34;560&#34; height=&#34;315&#34; src=&#34;https://www.youtube.com/embed/A-Tz9nT0nQ?si=pMeikixBxGOTR-qt&#34; title=&#34;YouTube video player&#34; frameborder=&#34;0&#34; allow=&#34;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&#34; referrerpolicy=&#34;strict-origin-when-cross-origin&#34; allowfullscreen/iframe&#xA;/div&#xA;&#xA;Alors, comment l’utiliser ? Il vous faut Miniconda sur votre machine. Vous mettez votre plus beau hoody de pirate, et capuche baissée vous lancez un terminal.&#xA;&#xA;git clone https://github.com/apple/ml-sharp.git&#xA;cd ml-sharp&#xA;conda create -n sharp python=3.13&#xA;conda activate sharp&#xA;pip install -r requirements.txt&#xA;Et ensuite la commande :&#xA;sharp predict -i /chemin/vers/les/images/ -o /chemin/pour/le/gspat/&#xA;Une fois terminé vous pouvez admirer le résultat sur un viewer, comme  supersplat en important le ply.]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p>Vous êtes familier avec le <strong>Gaussian Splatting (ou GSPlat) ?</strong> C&#39;est un modèle IA qui génère des “éclats gaussiens” – des jets de peinture numérique distribués sur un nuage de point. C&#39;est bon, je vous ai perdu ?
<img src="https://firstdescent2020.blob.core.windows.net/images/blog/2025/gaussian-splat.png" alt="Texte alternatif">
Issu du travail de l’INRIA Rhône-Alpes (cocorico), ce procédé permet de recréer un espace 3D à partir d’une ou plusieurs images d’une même scène. Vous avez pris des photos de votre salle de bain ? Même si le hobby est douteux, vous pourriez transformer cette suite de photos en simulation 3D de la pièce. Cette simulation est constituée de points et de “jets” gaussien qui ont leur esthétique particulière.

Pour faire cela, il y a deux étapes. D’abord, analyser l’ensemble des photos via un script d’alignement (COLMAP). Chaque photo est alignée par rapport aux autres dans un espace 3D comme si elles retrouvaient leurs points de vue les unes par rapport aux autres. Une fois terminé, pour faire simple, on “entraîne” le modèle pour créer les espaces entre chaque photo afin de créer un espace cohérent où l’on peut se déplacer de manière fluide.</p>

<div style="text-align: center;">
  <iframe width="560" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/5MRyewpz_TU" title="Brush gaussian splats batch" frameborder="0" style="display: block; margin: 0 auto;" allowfullscreen="">
  </iframe>
</div>

<p>Ce procédé peut prendre pas mal de temps en fonction du matériel dont vous disposez. Sur un Mac M2 Max ou une RTX A4000, on est autour de <strong>10 à 30 minutes</strong> pour créer une scène. Il faut que l’alignement (étape 1) ait bien fonctionné, puis que l’entraînement fonctionne également. Cela peut donner des résultats parfois… aléatoires, même si globalement cela fonctionne plutôt bien.</p>

<p>Personnellement, ça fait des mois que je teste plusieurs workflows pour apprivoiser la bête. Quand j’ai vu sur Reddit qu’Apple avait sorti son propre script de génération de GSPlat, évidemment j’ai couru ventre à terre.</p>

<p><strong>Et là, c’est le drame.</strong> À partir d’une seule image, il est possible de créer un espace 3D GSPlat en quelques secondes… oui, quelques secondes. Très probablement destiné pour les Apple Vision Pro, les résultats sont terriblement bons. On peut regretter le fait qu’il ne soit pas encore possible d’utiliser plusieurs photos, mais peut-être que cela sera à venir.</p>

<p>Le script se paye le luxe de ne laisser aucun glitch de GSPlat, éléments “parasites” entourant les scènes (qui ont une esthétique plutôt agréable). Cela rend la génération très propre, très prête à l&#39;usage. Voila un exemple :</p>

<div style="text-align: center;">
<iframe width="560" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/A-Tz9_nT0nQ?si=pMeikixBxGOTR-qt" title="YouTube video player" frameborder="0" allowfullscreen=""></iframe>
</div>

<p>Alors, comment l’utiliser ? Il vous faut <a href="https://www.anaconda.com/download">Miniconda</a> sur votre machine. Vous mettez votre plus <a href="https://www.amazon.com/hacker-hoodie/s?k=hacker+hoodie">beau hoody de pirate</a>, et capuche baissée vous lancez un terminal.</p>

<pre><code>git clone https://github.com/apple/ml-sharp.git
cd ml-sharp
conda create -n sharp python=3.13
conda activate sharp
pip install -r requirements.txt
</code></pre>

<p>Et ensuite la commande :</p>

<pre><code>sharp predict -i /chemin/vers/les/images/ -o /chemin/pour/le/gspat/
</code></pre>

<p>Une fois terminé vous pouvez admirer le résultat sur un viewer, comme  <a href="https://superspl.at/editor">supersplat</a> en important le ply.</p>
]]></content:encoded>
      <guid>https://blog.adieuinternet.com/apple-ml-sharp-le-gsplat-au-calme</guid>
      <pubDate>Mon, 22 Dec 2025 09:54:06 +0100</pubDate>
    </item>
  </channel>
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